La joie d'être
- pierrealainlejeune
- 11 déc. 2021
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 déc. 2021

Voilà un titre bien étrange. Comme une phrase incomplète. Comme si la plume s'était arrêtée, faute d'inspiration. On attend la suite... la joie d’être quoi ? Nous pourrions facilement adhérer à une proposition plus claire : « la joie d’être réunis, d’être en bonne santé, d’être en vacances... » et décliner ainsi à l’infini les multiples raisons d’être dans la joie.
Mais avez-vous déjà éprouvé la simple joie d’être ? Non pas la joie d’être ici plutôt que là ; ou bien la joie d’être ceci plutôt que cela. Mais la simple joie d’être. Le verbe « être » sec, nu, sans déterminant ni fioritures... La simple joie d’être plutôt que de n’être pas. Cette joie ne dépend pas des circonstances ou des événements de la vie. Cette joie-là ne peut venir que de Dieu. Et c’est à cette joie que nous invite Saint Paul quand il écrit : « Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur » (Philippiens 4,4).
C’est cette joie sans cause que Saint François d’Assise appelait la « joie parfaite ». Celle que l’on peut éprouver au plus profond de notre être alors même que tout va mal et que l’on n’a aucune raison de se réjouir. Les réjouissances qui viennent des circonstances de la vie ne sont pas sans valeur bien entendu et l’on aurait tort de les négliger... Nous devons au contraire les accueillir comme autant de grâces. Mais elles sont inconstantes comme le vent qui vire et tourne sans cesse ; éphémères comme neige au soleil. Il vaut mieux ne pas fonder sur elles seules notre joie.
Autre chose est la simple joie d’être. Elle est un don de Dieu qui surgit du fond de l’âme. Elle ne peut venir que de l’intérieur, jamais de l’extérieur. Elle est comme la volonté de vivre. Nous faisons parfois cette expérience douloureuse avec ceux qui ne veulent plus vivre : on se démène et l’on s’agite pour gagner la partie et ramener nos amis vers la vie. Et nous nous heurtons à cette cruelle évidence : on ne peut pas vouloir vivre à la place d’un autre. Et l’on ne peut, à la place d’un autre, éprouver la vraie joie. Cette joie-là ne peut surgir que de l’intérieur.
Mais nous pouvons, pour eux, nous tenir dans cette joie. Alors que notre monde est envahi par tant de mauvaises nouvelles, de désillusions et de tristes horizons, demeurer dans la joie du Seigneur est notre première et notre plus impérieuse mission. Demeurer dans la joie pour ceux qui ont perdu toute joie. Alors qu’apparaissent déjà les premières lueurs de Bethléem, la joie de Dieu en nous est probablement le plus grand et le plus précieux cadeau que nous puissions offrir à nos proches.
Pierre Alain Lejeune
Le 11 décembre 2021
Photo : Dans un village d'Amazonie, Bolivie - novembre 2016
Coïncidence? Depuis quelque temps, plusieurs lectures de passages d'Évangile m'ont fait remarquer ce qui me semble une évidence: la puissance de Dieu est une puissance d'être avant d'être une puissance de "faire" . Déjà au buisson ardent ''je suis...''. Jésus devant Pilate (le pouvoir à Pilate, l'être à Jesus) . Jésus interdisant d'annoncer ce qu'il ''faisait '' mais invitant à discerner les signes de qui il ''était ''. Et par ailleurs dans les discussions sur le rapport Sauvé, la question du ''pouvoir'' versus '' l'autorité''. L'autorité me semble découler de ''l'être ''. Bref un foisonnement d'indices pour exprimer l'importance ''d'être avec autorité '' plutôt que de ''faire avec pouvoir ''.