Vive le pape !

J’ai longtemps été très méfiant vis à vis de toute manifestation un peu trop exubérante au passage du pape ; je me suis longtemps tenu à distance des cortèges de fidèles cherchant à apercevoir, sur la pointe des pieds et en jouant des coudes, un bout de papamobile ou de soutane blanche. Je reste très vigilant à l’égard de ce qui pourrait ressembler à de la papolâtrie mais j’ai changé sur un point, un jour de 2005, alors que j’amenais des jeunes aux JMJ de Cologne. Nous venions de changer de pape : c’était quelques mois après la mort de Jean Paul II et l’élection de Benoît XVI, qui était encore un illustre inconnu pour la plupart d’entre nous. Et alors que tous les jeunes JMJistes s’étaient préparés à crier à plein poumons « Giovanni Paulo », ces mêmes pèlerins se mettaient à chanter avec la même énergie : « Benedetto » ! Ça peut paraître bête, mais ce jour-là, j’ai compris qu’en acclamant un pape, ce n’était pas une personne que nous vénérions, mais le signe de notre unité !
A Simon Pierre, un jour, Jésus a confié d’être le pasteur du troupeau, de veiller à l’unité de l’Église. Et depuis lors, cette mission s’est transmise à chaque évêque de Rome. Ce que nous reconnaissons dans la personne du Souverain Pontife, c’est sa dimension sacramentelle. Un sacrement, c’est une réalité visible - du pain, du vin, de l’eau, de l’huile, une personne, etc… - qui signifie et réalise une vérité invisible. L’eau du baptême par exemple, est signe de la vie du Christ ressuscité ; mais elle ne fait pas que la signifier, elle la réalise en même temps ! Non seulement elle est un signe de la vie éternelle, mais en plus elle la fait naître en nous ! Elle accomplit ce qu’elle signifie. L’évêque de Rome, comme tout évêque, a reçu le sacrement de l’ordre épiscopal et en tant que successeur de Pierre, il a reçu la mission particulière de veiller à l’unité de tous. Il signifie et il réalise que c’est le Christ lui-même qui guide l’Église, qu’il y a un seul Pasteur et un seul troupeau.
A une autre échelle, c’est ce que nous vivons en accueillant un nouvel évêque dans un diocèse ou un nouveau curé dans une paroisse. Ce n’est pas monseigneur Machin ou le père Bidule que l’on accueille mais réellement le sacrement de la présence du Seigneur au milieu de nous. Et si les enfants de chœur s’inclinent devant le prêtre lorsqu’ils servent à l’autel, cela n’a rien à voir avec des salamalecs ou des courbettes serviles. C’est simplement parce, dans la célébration des sacrements, il nous faut reconnaître dans la personne du prêtre, quel qu’il soit, la présence du Christ à l’œuvre. Ces jours-ci à Paris, à Lourdes, à Metz, en acclamant le pape Léon, nous louons Dieu qui nous fait le don d’un pasteur guidant le troupeau de l’Église au nom de l’unique Pasteur, Jésus Christ ! Vive le Pape !
Pierre Alain Lejeune
jeudi 24 septembre 2026
Crédit photo : Vativan News
Commentaires